Biographie :



Louis de Funès de Galarza est né le 31 Juillet 1914 à Courbevoie, issu d'une petite noblesse espagnole de Séville, son père est juriste qui devient diamantaire pour pouvoir subvenir à sa famille. Louis, adulte, fait de petits boulots. Dessinateur industriel puis travaillant dans une maison de couture, il est polyvalent.
A la veille de la seconde guerre mondiale, il est réformé du service militaire en raison de sa petite taille et à sa plus grande surprise. Il fait ses débuts comme pianiste dans des boîtes d'un Paris occupé. Là il rencontre Eddy Barclay qui joue aussi dans des bars. Un soir, en pointant une arme sur lui, un officier allemand l'oblige à jouer Lilly Marlène, qu'il ne connaît pas, et réussit à exécuter l'ordre, doué d'une oreille musicale sans pareil.
Louis veut gagner sa vie en se produisant au théâtre, au cinéma et s'inscrit au cours Simon. Ce fut un échecbien qu'il fait la rencontre de Daniel Gélin.
En 1943, il épouse Jeanne Barthelemy de Maupassant, qui choisira sa partenaire à l'écran : Claude Gensac.
Le 27 Janvier 1944, né Patrick de Funès qui est aujourd'hui médecin à Saint-Germain en Laye.
Quant à Olivier, il voit le jour le 11 Août 1947. Après des participations dans Fantômas se déchaîne (Michel), Oscar au théâtre du Palais Royal (Christian Martin), Le Grand Restaurant (le neveu), Les Grandes Vacances (Gérard), Hibernatus (Didier), L'homme orchestre (Philippe), Sur un arbre perché (l'autostoppeur), il est aujourd'hui pilote de ligne à Air France Europe.
Le premier rôle de Louis au cinéma est La tentation de Barbizon obtenu grâce à Daniel Gélin.
Les débuts sont difficiles : soit certains réalisateurs trouvent qu'il en fait trop, soit tombent sous le charme de son professionalisme et de son sens du détail poussé à l'extrême.
Dans le film Le mouton à cinq pattes, De Funès invente un tic qu'il soumet à Henri Verneuil pour son personnage de croque-mort, petit second rôle face au grand Fernandel qui campe 6 rôles différents ! Verneuil accepte. Le jour du tournage, Fernandel répond du même tic à Louis de Funès, l'effet est enlevé, Verneuil intervient, trop tard, Fernandel le lui avait piqué !
Dans une interview à Télé 7 jours, en 1971, Louis expose le début de sa carrière : "Je ne regrette pas la lenteur dans laquelle ma carrière s'est développée. Elle m'a permis de connaître à fond mon métier. Quand j'étais encore inconnu, j'essayais de colorer, par des détails, des mimiques, des gestes, les petits rôles qu'on me confiait. J'ai acquis ainsi un certain bagage comique sans lequel je ne pourrais pas faire la carrière que je mène. C'est pourquoi, si c'était à refaire, je recommencerais."

La critique commence à écrire sur lui suit à son rôle dans le film de Claude Autant-Lara, La traversée de Paris. Cette première confrontation avec Bourvil et Gabin ne se passe pas bien. Gabin trouve qu'il en fait trop, Bourvil, quant à lui, ne se prononce pas.
Quant aux autres acteurs : Fernandel ignorait fufu, Jean Marais refuse d'en parler à Brigitte Kernel dans son livre (Louis de Funès - Editions Jacques Grancher - 1987) et Jean Lefebvre, coupa les ponts depuis la sortie du Gendarme se marie.
En revanche, c'est le grand amour avec Jacqueline Maillan dans Ah, les belles bacchantes où Robert Dhéry les réuni. Ils seront aussi partenaires dans Pouic-Pouic qui permet à Louis de monter définitivement au haut de l'affiche.
En 1963, Jean Girault choisit louis pour incarner le gendarme de Saint-Tropez, personnage inventé par Richard Balducci. L'idée lui est venu en vacances à Saint-Tropez : cet assistant réalisateur a été victime d'un vol de caméra, il va porter plainte à la gendarmerie. Le gendarme de garde lui montre par la fenêtre l'auteur de son vol, et lui dit qu'ils n'ont jamais réussi à l'attraper. Cette situation fait penser à Richard Balducci, à l'arrivée dans la brigade d'un gendarme qui remet de l'ordre dans la brigade et multiplie les situations comiques.
Jean Girault et Louis de Funès tourneront ensemble cinq autres gendarmes, et Faites sauter la banque en 1964, Les grandes vacances en 1967 (Bosquier), Le petit baigneur en 1968 (Fourchaume), Jo en 1971 (Brisbard), L'avare en 1979 (Arpagon) et La soupe aux choux en 1981 (le Glaude). Jean Girault qui décéde au cours du tournage du film Le gendarme et les gendarmettes en 1982, ne verra pas la fin du tournage achevé par son assistant Tony Aboyantz, aidé par Louis.
Louis tournera aussi difficilement des films avec de grands réalisateurs. Comme Edouard Molinaro, qui jusqu'à la sortie même du film Hibernatus. Avec André Hunebelle, ça se passe bien, mais du quasi second rôle du premier épisode de Fantômas, Louis devient la vedette, au détriment de Jean Marais, ce dernier en dira à la sortie de Fantômas contre Scotland Yard, que l'on avait plus qu'à changer le titre en "Juve contre Scotland Yard".
Une éternelle amitié lie Gérard Oury, Michèle Morgan, Jeanne et Louis de Funès. Gérard Oury réalisera les plus grands succès de Louis.
Gérard Oury organise la première rencontre Bourvil / de Funès à l'écran avec Le Corniaud.
Ce réalisateur est attristé par la grêve d'une semaine qu'inflige Louis à son réalisateur. Les scénaristes sont appelés en renfort de Paris et il concocte à Louis une scène supplémentaire : la douche dans le camping, où il n'y a aucun mot de trop, simplement des mimiques des grimaces, c'est du grand Louis de Funès.
Puis c'est le chef d'oeuvre La Grande Vadrouille.
"Les sombres héros" est le titre du film que devaient tourner ensemble, Louis de Funès et Bourvil en Espagne et que son réalisateur G.Oury changea en Folie des Grandeurs. La mort de Bourvil en Septembre 1970 changea le sort de ce film.
En 1975, Louis de Funès est hospitalisé. Il doit renoncer au tournage du prochain film d'Oury Le crocodile où Louis de Funès devait jouer un dictateur d'extrême droite sud-américain cocu, balayé du pouvoir par son rival, emprisonné, et qui, pour revenir au pouvoir, se retrouve à la tête de guerilleros d'extrême gauche.
Cette alerte cardiaque ne permettra plus à Louis de Funès de courir derrière un carosse en plein soleil, de tomber et de retomber dans une cuve de chewing-gum vert, de courir à travers Broadway, de faire et refaire de nouveaux gags chaque soir, dans Oscar au théâtre.
Il profite néanmoins de son Château de Clermont, où il s'occupe de ses arbres fruitiers et de ses fleurs, dont la rose qu'il a créée.
En 1977, Claude Zidi lui propose alors le premier rôle dans L'aile ou la cuisse, derrière Coluche qui le taquine durant le tournage, en lui demandant où était son ambulance. Sa carrière est désormais presque complète, il ne lui reste plus qu'à se diriger lui même, ce sera chose faite en 1981, avec la sortie de L'avare, où il dirige l'ensemble du film, des costumes, des décors et l'adaptation du texte de Molière.
De ses 138 films, Louis de Funès rêvait de tourner autre chose que des comédies, ainsi la vie de Louis XI, de plus dans certains films il joue l'émotion, la tragédie, le drame. C'est le cas lors de la communion du petit David dans Les aventures de Rabbi Jacob, ou encore dans le film Jo, où certaines scènes avec Claude Gensac sont dramatiques.
De Funès est le meilleur acteur professionnel comique français.


Colette Brosset :
"Il était évidemment comique et puis, tout ce qu'il faisait était drole, il imitait sa mére espagnole d'une façon exceptionelle"


Daniel Gélin :
"Son professeur çà a été les gens, il observait, partout ou il allait, il était à la quête de n'importe quel gag qu'il voyait, il voyait un truc , tout de suite il en faisait un gag, il était à l'affut des gags, il avait l'amour des gags, était un collectionneur de gags"


Louis de Funes :

"J'adore Jerry Lewis, j'ai adoré Danny Key, que j'ai trouvé fabuleux, parce que Danny Key.. un peu comme Chaplin, Laurel&Hardy n'étaient pas américains , c'étaient des européens.

Louis De Funes: "Le temps de vivre":
Adieux les courses-poursuites et les chocs des contraires , adieux les saccades et les faces à faces désopilants , le coeur, toujours lui, refuse de le suivre d'avantage ... La mort guette l'hermite, comme un polichinelle, elle sort de son sac à Malice, un soir de Janvier 1983 ...

Louis De Funes est décédé le 27 Janvier 1983 au soir, la nouvelle de sa mort n'a été apprise que le lendemain:
Voici l'ouverture du journal de TF1, en Real-vidéo (100K) ainsi que le reportage fait dans la commune du Cellier Real-vidéo (370K) le 28 Janvier 1983.

Le corps de Louis de Funès est inhumé dans un monument du cimetière du Cellier. Quelque mois plus tard il sera transféré au cimetière d'Allonnes, près de Saumur, dans un caveauoù de la famille de Jeanne.
Jusqu'au bout du chemin Louis aura taillé ses massifs, il aura regardé bourgeonner puis fleurir les trésors colorés de son jardin....Entre autres cette rose orange qu'il a créé, rose du poête que Gene Kelly aura tant cherché dans le balai Minellien d'un américain à Paris.

quelques citations de louis :

1. Le cinéma ? Je le fais sur un écran, pas dans la vie ! *
2. Le comique ça ne tient à rien, c'est une chose qui est dans l'air le comique !**
3. Un acteur comique est un auteur avant toute chose, on ne devrait jamais lui donner du texte à jouer mais lui dire Voilà une citation ! Vous allez m'écrire Vous, votre texte et puis le conseiller doucement.!**
4. Je cultive mon jardin. Et dans ma vie professionnelle comme dans mon carré de jardin, j'ai bien l'intention d'exclure les navets !*
5. Je suis croyant parce que j'ai eu des preuves, pas des visions, non, mais je crois que ceux qui sont partis nous entourent et nous aident à vivre !*
6. J'adore les faux-jetons ! Ce sont les plus comiques !*
7. Le gendarme ? C'est toute l'humanité ! Au fond, on cire toujours les pompes de ses supérieurs hiérarchiques et on s'essuie sur le derrière de son sous-fifre !*
8. J'adore l'artisanat ! Quand je fais un film, je travaille comme un artisan.*
9. J'adore varier dès que j'ai senti mon public le soir en arrivant sur scène et je me renouvèle selon lui ! C'est tous les jours un combat entre lui et moi !*
10. Ce ne sont pas les attitudes que je trouve comiques mais les états d'esprit !*
11. Le comique, ce n'est pas seulement du talent, mais c'est surtout un don, une façon de sentir, de pouvoir comprendre et interpréter !*
12. Mon plus grand désir d'acteur ? C'est de faire des films destinés à faire rire les enfants et les parents à la foisdans ce monde trop triste !*
13. C'est grâce ama femme que je suis devenu ce que je suis. C'est elle qui a eu les bonnes idées !*
14. Je n' ai jamais su compter, même sur mes doigts !*
15. Vous voyez : la comédie et le jardin. Je crois que les goût que nous manifestons dans notre première enfance nous marquent pour la vie. Ce sont les bons. On peut les perdre, mais on y revient !*
16.Les gens sont des comédiens nous, nous sommes des acteurs !*
17.Fais perdre sa dignité à un con et tu as gagné !*


*tirés des biographies suivantes :

Louis de Funès ; Le berger des roses " de Jean-Marc Loubier, éditions Ramsay Paris 1991
Louis de Funès ; Une légende " de Jean-Jacques Jelot-Blanc, éditions Anne Carrière, Paris 1993
Louis de Funès " de Eric Leguebe, éditions France Loisirs, Paris, 1983


Louis de Funès et le théâtre :

Juin 1926 , théâtre de Coulommiers LE ROYAL DINDON, de Bodèse
Février 1944, salle Chopin-Pleyel L'AMANT DE PAILLE, de Marc- Gilbert Sauvageon
Mai 1944, théâtre de la Gaîté-Montparnasse AU PETIT BONHEUR, de Marc- Gilbert Sauvageon
Décembre 1945, studio des Champs-Élysées LA MAISON DE BERNARDA, de Garcia Lorca
Janvier 1946, théâtre des Carrefours WINTERSET, de Maxwell Anderson
Mars 1948, théâtre Pigalle THERMIDOR, de Claude Vermorel
Octobre 1949, théâtre Édouard- VII UN TRAMWAY MONNÉ DÉSIR, de Tennessee Williams
Janvier 1951, théâtre Michel DOMINIQUE & DOMINIQUE, de Jean Darvay
Septembre 1951,cabaret du Pot aux Fous VACHE DE MOUCHE, de Jean Carmet et Christian Duvalleix
Juin 1952, théâtre Daunou AH! LES BELLES BACCHANTES, de Robert Dhéry
Novembre 1952,Montparnasse-Gaston-Baty LA PUCE À L'OREILLE, de Georges Feydeau
Mars 1955, théâtre des Arts POPPI, de Georges Sonnier
Juin 1955, théâtre Antoine NEKRASSOV, de Jean-Paul Sartre
Novembre 1955, théâtre de la Renaissance ORNIFLE, de Jean Anouilh
Février 1957, théâtre des variétés FAISONS UN RÊVE, de Sacha Guitry
Octobre 1959, tournées Karsenty OSCAR, de Claude Magnier
Janvier 1961, théâtre de la Porte Saint-Marin OSCAR, de Claude Magnier
Octobre 1962, théâtre des Variétés LA GROSSE VALSE, de Robert Dhéry
Octobre 1971, théâtre du Palais-Royal OSCAR, de Claude Magnier
Septembre 1972, théâtre du Palais-Royal OSCAR, de Claude Magnier
Septembre 1974, comédie des Champs-Élysées LA VALSE DES TORÉADORS, de Jean Anouilh

Louis de Funès et la télévision :

1) Soirée du 24 décembre 1981 consacrée à Noël, Invité Louis de Funès, Emission présentée par le chanteur Guy Beart, Chaîne de TV française, période de diffusion le 24.12.1981.
2) Entretien avec Louis de Funès, sur la chaîne de Radio Fance, journaliste Macha Béranger. Période de diffusion entre 1981 et 1982.
3) Emission "Découverte" avec Louis de Funès, Chaîne de TV française, journaliste Jean-Pierre Elkabbach. Période de diffusion 1982.
4) Reportage sur Louis de Funès de André Halimi, Chaîne de TV française, période de diffusion 1990, TITRE "PROFESSION COMIQUE" FUFU
5) Hommage rendu à Louis de Funès en présence de Jeanne, Patrick et Olivier, chaîne de TV française, période de diffusion entre 1992 et 1995.
6) Reportage sur Louis de Funès de Agnès Vincent, réalisé par Jean-Claude Missiaen, Chaîne de TV française, période de diffusion 1997, TITRE "LOUIS DE FUNES L'ENCHANTEUR"
7) Emission consacrée à l'actrice Véronique Genest alias Julie Lescault intitulée "Famille je vous aime" - Court portrait de la Famille de Funès (témoignage de Julia, sa petite-fille), Chaîne de TV française, période de diffusion entre 1995 et 1998.
8) Emission intitulée "Ca se discute" présentée par Jean-Luc Delarue, sur le thème "L'humour est-il une affaire de famille ?" Témoignage de Patrick de Funès invité pour l'émission en compagnie de Christophe Guybet, Soren Prévost, Alain Feydeau, Michèle Bernier, Pascal Raynaud, Mathilde de Vitry et François Pacôme. Période de diffusion entre 1995 et 1998.
9) Emission consacrée au cinéma intitulée "Acteur à tout prix", portrait de Olivier de Funès, commandant de bord - pilote de ligne, Chaîne de TV française. Période de diffusion entre 1997 et 1999.
10) Emission consacrée aux enfants et au prix des enfants décerné à Louis de Funès, remis à Olivier de Funès et à ses deux fils, Charles et Adrien, Chaîne de TV française. Période de diffusion entre 1997 et 1999.
11) Emission consacrée au cinéma intitulée "Comme au Cinéma" où un hommage à Louis de Funès est rendu par Claude Lelouche, Francis Huster et Pierre Arditi, Année 1999, Chaîne de TV française. Période de diffusion 1999.